En bref
- L’extension de la Fondation Beyeler signée Peter Zumthor est entrée en phase de préouverture le 26 septembre 2026.
- Les trois nouveaux bâtiments sont le musée Wyss, le pavillon Ammann et l’Erlen Torhaus ; le musée Wyss ajoute environ 1 500 m² de surface d’exposition.
- La façade du musée Wyss est en béton compacté contenant du calcaire du Jura.
- Selon The Art Newspaper, le projet a coûté environ 120 millions de francs suisses.
La Fondation Beyeler, située à Riehen, près de Bâle, en Suisse, a ouvert au public le 26 septembre 2026 une extension comprenant trois nouveaux bâtiments conçus par Peter Zumthor. Le musée met progressivement en service ce nouvel ensemble : une phase de préouverture est prévue du 26 septembre 2026 au 14 janvier 2027, avant l’ouverture complète le 15 janvier 2027. Pendant cette période, le nombre de visiteurs accédant aux expositions payantes est limité et le musée ouvre cinq jours par semaine, au lieu de sept.
Selon The Art Newspaper, l’extension a coûté environ 120 millions de francs suisses. Le projet a bénéficié du soutien de l’entrepreneur suisse Hansjörg Wyss, des marchands d’art Thomas et Doris Ammann, ainsi que de Christoph et Sibylla Müller, qui ont contribué au nouvel aménagement paysager. Le directeur du musée, Sam Keller, explique que cette ouverture progressive vise à recueillir les retours des visiteurs et à améliorer l’ensemble des processus.
Trois nouveaux bâtiments aux côtés de celui de Renzo Piano
Le bâtiment actuel de la Fondation Beyeler, conçu par Renzo Piano, offre environ 3 800 m². Les trois ajouts de Zumthor se distinguent par leurs usages, leurs formes et leurs matériaux :
| Bâtiment | Fonction | Caractéristique principale |
|---|---|---|
| Musée Wyss | Bâtiment principal d’exposition | Trois niveaux, ~1 500 m² de surface d’exposition, plan en Y |
| Pavillon Ammann | Concerts, performances, discussions, films | Bâtiment vitré de plain-pied avec du chêne, salle en accès libre |
| Erlen Torhaus | Manutention des œuvres et espaces de travail | Ossature en bois, façade en chêne peint |
Un plan qui s’organise autour des arbres
Le musée Wyss, la plus grande composante de l’extension, adopte un plan en Y conçu pour préserver les arbres existants. Selon ArchDaily, le plan s’organise autour d’un ginkgo, d’un séquoia et d’un groupe de platanes. De grandes fenêtres cadrent des vues sur la Forêt-Noire et le Jura. À l’étage supérieur, une terrasse est directement reliée au parc par un escalier extérieur.
Le choix des matériaux du bâtiment repose sur une seule ressource locale : le calcaire du Jura extrait dans la région est utilisé dans la façade en béton compacté, les sols en terrazzo, les escaliers, les éléments d’assise et les revêtements muraux. The Art Newspaper indique que l’effet du calcaire concassé donne à la surface extérieure une teinte pâle, rose jaunâtre.
Le pavillon Ammann a été conçu comme un point de rencontre entre les bâtiments du musée et les édifices historiques. Ouvert sur le paysage grâce à ses baies vitrées du sol au plafond, il intègre du bois de cerisier et de poirier à l’intérieur. Situé en bordure du site, l’Erlen Torhaus vient compléter une villa datant du XVIIIe siècle. Sa façade en chêne peint fait écho à l’atelier de Zumthor, à Haldenstein.
Un parc presque deux fois plus grand
L’extension ouvre au public environ 10 000 m² de parc auparavant privé, portant la superficie totale à quelque 20 000 m². Aménagé au XIXe siècle en jardin paysager à l’anglaise, le site comprend désormais des prairies riches en espèces, des zones boisées, des orchidées indigènes et un pont conçu par Zumthor qui enjambe l’étang. Les bâtiments historiques ont également été réaffectés : l’Orangerie, repensée par India Mahdavi, l’Ammann Atelier, dédié aux ateliers et aux programmes éducatifs, une salle d’écoute abritant plus de 2 000 disques, ainsi que la Folly, utilisée comme espace d’exposition expérimental.
L’exposition inaugurale, « Constellations », se tiendra du 26 septembre 2026 au 5 septembre 2027. Selon The Art Newspaper, le parc accueille également des œuvres de Rachel Whiteread et Pierre Huyghe, ainsi que « Maman », l’araignée géante de Louise Bourgeois datant de 1999. Le pavillon Ammann a été conçu comme un espace public accessible gratuitement, où se tiendront concerts, performances, discussions et projections de films. L’extension ne se contente donc pas d’ajouter des espaces d’exposition : elle transforme aussi le musée en parc et en lieu de rencontre accessibles sans billet.
Pour la visualisation : le matériau fait tout
Les projets de Zumthor sont des références exigeantes, mais instructives pour les artistes en visualisation : leur impact tient davantage aux matériaux et à la lumière qu’à la forme. La texture stratifiée du béton compacté, la teinte des granulats de calcaire, la chaleur des surfaces en chêne et la douce lumière du jour qui entre par les grandes fenêtres sont les éléments qui ressortent dans les photos de ces bâtiments. Pour un studio qui cherche à représenter une telle architecture en rendu, la question essentielle n’est pas « la forme est-elle juste ? », mais « la texture des surfaces et la lumière restent-elles fidèles aux matériaux réels ? ».
Le plan en Y qui s’organise autour des arbres rappelle aussi l’importance de la modélisation du site. Il est impossible de présenter de manière convaincante une telle décision d’aménagement sans intégrer dès le départ au modèle numérique l’emplacement, la taille et les ombres des arbres existants. L’association du verre et du chêne dans le pavillon Ammann pose un autre défi : l’équilibre entre le reflet du parc sur les grandes surfaces vitrées et les teintes chaudes du bois à l’intérieur est déterminant pour le réalisme de la scène. Pour ce type de bâtiment, tester plusieurs scénarios de lumière du jour à différentes heures est donc plus efficace que de chercher un seul « beau cliché ».
Sources
3 sourcesLes textes sources ne sont pas republiés ; les courtes citations sont signalées, le reste est notre propre résumé et commentaire.
L’extension de la Fondation Beyeler est intéressante à deux titres pour les projets de musées et d’équipements culturels en Turquie. D’abord, les matériaux locaux sont utilisés de façon cohérente, de la façade aux sols, autour d’un même récit ; compte tenu de la diversité des pierres d’Anatolie, une approche comparable pourrait aussi trouver sa place chez nous. Ensuite, les arbres existants déterminent le plan : c’est un exemple important dans un contexte où, dans les projets urbains, l’arbre est souvent le premier élément sacrifié.
Du point de vue de la visualisation, l’architecture de Zumthor vient corriger les rendus brillants et excessifs auxquels le marché est habitué. Pour les étudiants et les studios, travailler un langage de présentation sobre, axé sur les matériaux et fondé sur la lumière naturelle peut donner lieu à un récit plus convaincant, en particulier dans les concours d’équipements culturels.
Questions fréquentes
Quand les nouveaux bâtiments de la Fondation Beyeler ouvriront-ils complètement ?
Les bâtiments sont entrés en phase de préouverture le 26 septembre 2026 ; l’ouverture complète aura lieu le 15 janvier 2027. Pendant la préouverture, le nombre de visiteurs est limité et le musée ouvre cinq jours par semaine.
Quels bâtiments composent l’extension ?
Elle comprend le musée Wyss, le pavillon Ammann et l’Erlen Torhaus, conçus par Peter Zumthor. Le parc a également été agrandi et certains bâtiments historiques ont été réaffectés.
Quel matériau a été utilisé au musée Wyss ?
Le calcaire du Jura extrait dans la région a été utilisé dans la façade en béton compacté, les sols en terrazzo, les escaliers et les revêtements muraux.



